Le numérique a boulversé de nombreuses pratiques à la fois industrielles et organisationnelles, au sein des moyennes et grandes entreprises. La révolution numérique constitue pour les entreprises du CAC 40 un véritable défi. La mise en place de pratiques innovantes  suppose en effet de faire évoluer la manière même de travailler. Les comportements et les habitudes de travail doivent s’orienter vers plus de collaboration et de communication. Jusqu’alors réservés à la sphère privé, les réseaux sociaux et les systèmes de partage d’information se développent dans les entreprises. Peu préparées à ces boulversements, les entreprises déploient rapidement de nombreux outils à usage professionel mais il est très difficile de faire évoluer des pratiques à partir seulement de nouveaux outils.  Pour opérer une transformation digitale réussie, les entreprises doivent faire preuve de pédagogie et travailler sur leur culture interne.

Anita Pouplard, associée chez Boyden, avance qu’une “transformation digitale, c’est aussi une remise à plat de l’organisation et des façons de travailler”. Cela explique en partie la nécessité de recruter des Chiefs Digital Officers dont la mission est d’orienter et d’accélerer la transformation digitale du groupe.

Repenser l’organisation du travail

Les entreprises du CAC 40 ont amorcé leur transformation digitale en intégrant de nouveaux outils et en confiant à quelques uns la charge de penser l’innovation dans l’entreprise. A l’instar de La Société Générale, les groupes rassemblent les métiers liés à l’innovation -Data Scientist, Ingénieurs, Designer- au sein d’un même service afin de leur donner une grande marge de manoeuvre pour proposer au groupe des solutions innovantes.  La création de Team Open Innovation chez EDF ou du Data Innovation Lab chez AXA illustrent ces vélléités. Ces entités ont pour mission de donner de l’agilité à l’entreprise, la “lourdeur du comex pouvant freiner la prise de décision” comme le rappelle Florent Vairet. Le but ultime de ces intitiaves estt donc de sensibiliser le comité de direction aux solutions innovantes qui pourraient être étendues au groupe.

L’organisation du travail évolue notamment avec l’introduction d’outils collaboratifs intégrés. La suite office 365 a été choisi dans un premier temps par de nombreux acteurs mais elle possède un certain nombre de limite en terme de sécurité notamment. Une partie des équipes du groupe Total a donc par exemple choisi la solution française Wimi. Le cloud souverain devient un vrai sujet pour les décideurs.

Des habitus liés a l’instauration d’une digital workplace se mettent en place. La gestion de projet devient plus transparente, plus efficace et mieux coordonnée au sein des équipes de travail. Afin d’établir durablement ces changements, les plateformes de travail collaboratif mettent en place des webinars qui forment aux outils et instaurent de nouveaux réflexes.

Quelle protection pour les données de l’entreprise ?

La mise en place d’outils collaboratifs ou de plateformes de partage d’information suppose de prendre en compte la protection des données. Même si les serveurs ne subissent pas de cyberattaques, leur localisation et les conditions d’utilisation déterminent la sécurité des données de l’entreprise. Un grand nombre d’entreprises françaises publiques ou privées se tournent donc vers des solutions de cloud souverain. Peu d’alternatives aux solutions américaines existent cependant et pourtant il est parfois indispensable sur des sujets stratégiques d’être en dehors du Patriot Act.

Dans le cas des dossiers ultra-secrets, il n’existait jusqu’à ce jour aucun outil collaboratif sécurisé et chiffré permettant aux entreprises de communiquer et partager de l’information via une plateforme SAAS en étant garantie qu’ils étaient les seuls à accèder à l’information en clair. Afin de répondre à cette demande croissante, Wimi lance Wimi Armoured, une solution “blindée” par laquelle toutes les actions sont chiffrées et déchiffrées chez le client dans le but de garantir une sécurité maximale.

La seconde révolution numérique

Une seconde étape s’amorce déjà pour les entreprises alors même que la diffusion des outils collaboratifs est encore partielle. Il s’agit d’une part de veiller à la protection des données confidentielles qui circulent sur des serveurs externes et d’autre part de sécuriser les échanges ayant lieu via les services de type SAAS. Gérôme Billois, manager en cybersécurité chez Wavestone, rappelle à juste titre que les sujets “stratégiques concernent à la fois à la souverainté nationale et la compétition internationale.”

Source

Les Echos